La Belgique se profile clairement sur la scène internationale comme un fervent défenseur de la santé et des droits sexuels et reproductifs (SDSR). Malheureusement, le tableau financier est moins clair. La bonne nouvelle est que les dépenses totales de la DGD, y compris celles pour la santé et la santé reproductive, ont augmenté.
Cependant, cette analyse n’est pas une bonne nouvelle. Ces dernières années, le paysage politique est marqué par les conflits et l’instabilité. Alors que les besoins augmentent partout dans le monde, plusieurs gouvernements réduisent fortement leurs budgets consacrés à la solidarité internationale. La Belgique va elle aussi procéder à d’importantes coupes dans ce domaine. L’accord de gouvernement de la coalition Arizona de février 2025 prévoyait qu’à partir de 2027, un quart du budget de la coopération internationale disparaîtrait. Ce rapport sur l’APD montre que les dépenses actuelles de la Direction générale de la Coopération au Développement (DGD) sont déjà insuffisantes pour atteindre les objectifs internationaux. Nous ne disposons donc pas d’une base solide pour résister à cette tempête d’austérité.
Résultats
Les dépenses en matière de santé et de santé reproductive ont augmenté. Les dépenses totales de la DGD ont également augmenté. Mais on observe moins d’attention et moins de financements pour la lutte contre le VIH. Ce qui est également remarquable, c’est que même si les moyens financiers augmentent pour la santé et pour les dépenses totales de la DGD, la part consacrée à la SMNEA (Santé maternelle, néonatale, infantile et reproductive) diminue.
En outre, l’attention portée à la SDSR dans l’aide humanitaire s’affaiblit en 2024. En 2023, 34 % de ce budget était encore consacré aux droits sexuels et reproductifs, mais en 2024, ce pourcentage tombe à seulement 26 %. Dans un monde marqué par l’instabilité, les conflits et les inégalités croissantes, c’est une mauvaise nouvelle.
La situation internationale
On a l’impression que la communauté internationale, Belgique comprise, fait demi-tour juste avant la ligne d’arrivée. Réduire les dépenses consacrées aux soins essentiels n’est pas une option. Il est donc urgent d’accélérer le rythme et de renforcer notre engagement en faveur des Objectifs de développement durable.
La situation internationale actuelle exige un leadership de la part des pays qui veulent progresser vers la réalisation de la SDSR pour toutes et tous. La Belgique et ses entités fédérées ont un rôle important à jouer en tant que pionniers. Notre pays ne pourra pleinement assumer ce rôle que si nous investissons nous-mêmes suffisamment dans la solidarité internationale et la SDSR.
Investir dans la SDSR dans le monde
Compte tenu du contexte international actuel, nous appelons le gouvernement belge à investir dans la santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR) à l’échelle mondiale.
- Remettre le VIH à l’ordre du jour belge et international, et s’engager activement dans la lutte mondiale contre le VIH et le sida.
- Intégrer une attention spécifique à la SDSR et à la réponse au VIH dans les accords de coopération avec les pays partenaires.
- Soutenir les organisations multilatérales et les ONG qui ressentent déjà les effets des coupes liées au second mandat de Trump (UNFPA, OMS, ONUSIDA…).
- Considérer la SDSR comme une priorité dans l’aide humanitaire belge.
- Intégrer la SDSR comme besoin fondamental dans l’aide humanitaire.
Consultez le rapport APD 2024
- Rapport APD 2025 - FR (853.6 Ko)